Ceux qui connaissent un peu la chose politique ne s’y trompent pas : c’est Lionel Jospin qui déclare, mardi dernier, au 20 heures de France 2 qu'il entend parler de cafouillage, de cacophonie ; qu'il y a peut-être quelque chose qui relève de l’art de gouverner, a t-il déclaré, citant les remboursements de lunettes, la carte famille nombreuse et les allocations familiales. Il ajoutera également qu'il s'est demandé si, derrière l’apparence de l’incohérence politique, il n’y a pas, en fait, comme explication, une logique économique et sociale dure, qui n’est pas acceptée par la population, et que les députés de la majorité n’arrivent pas à assumer.
Lionel Jospin, en disant "peut-être", est encore en dessous de la vérité. Il suffit, pour s’en convaincre, de prendre connaissance des différentes déclarations des porte-parole du Medef, depuis quelque temps.
Celle de Denis Kessler ex-éminence grise du baron Seillière, et estafette du Medef, en octobre dernier, (je cite) : « II faut défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ».Kessler s’en réjouissait : au fond, les différentes réformes engagées par Sarkozy « peuvent donner une impression de patchwork », mais « on constate qu’il y a une profonde unité à ce programme ambitieux ».
Le 27 janvier dernier, dans une interview au JDD, c’est Charles Beigbeder, PDG de Poweo qui affirmait, que selon lui le rapport Attali permettrait enfin d’en finir avec cette France « qui continue à vivre sur un modèle fondé en 1946, à partir du programme du Conseil national de la Résistance ». On voit donc qu’il s’agit bien d’une entreprise concertée.
Les prochaines mesures "dans les tuyaux" concernent : la remise en cause du Smic, la refonte du Code du travail (entrée en vigueur le 1er mai) et, très bientôt, n’en doutons pas une seconde, celle des congés payés (cf. Le Figaro du 17 avril).
En guise de "réformes", le démantèlement du système de protection sociale français est donc systématiquement mis en œuvre. Comme, par ailleurs, sous le coup des diverses mesures prises sur le plan économique (totalement inadéquates et inefficaces), la situation ne fait que s’aggraver : rappelons que la croissance française, comme depuis maintenant 2002, est EN DESSOUS
Le problème, c’est que, théoriquement, cette équipe de fossoyeurs est au pouvoir pour encore quatre ans : le temps d’achever ce travail de démolition et de porter, à la très grande majorité des citoyens de ce pays, un coup que risquent de payer les générations à venir, pour longtemps encore.
Les Français se laisseront-ils ainsi dépouiller de droits si chèrement et douloureusement acquis par leurs anciens ? Laisseront-ils les forces de l’argent, et leurs valets au pouvoir, les laminer jusqu’à la corde, sans réagir ? Laisseront-ils un président et un gouvernement élus sur des tromperies et des mensonges (le "pouvoir d’achat"), mener une politique de spoliation, d’abus de pouvoir, contraire aux intérêts du pays et de leur grande majorité ? C’est de notre pouvoir de réaction que dépend la réponse, et l’avenir de la France : n’ayons pas à regretter, dans quelque temps, une coupable passivité : le peuple est souverain, c’est à lui de faire rendre des comptes à ceux à qui il ne fait que déléguer le pouvoir, et de les destituer quand l’intérêt du pays et de ses citoyens l’exige.



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