Au Relecq-Kerhuon (12 000 habitants) près de Brest, le climat de la campagne municipale se détériore depuis quelques jours, entre la liste, UMP et celle du PS. La
commune pourrait basculer à gauche le soir du 16 mars. Ce qui attise fortement les tensions. En cause actuellement : un conflit d'affichage sur les différents panneaux d'expression
libre. Mardi soir, cette guéguerre assez banale en période électorale a pris un tournant un peu plus musclé.
« Je crains de nouveaux dérapages »
Vers 21 h 30, la numéro deux de la liste UMP, adjointe à la culture, également candidate aux cantonales, a bombé un peu de peinture fluorescente sur la veste d'un
militant PS. « Par hasard, alors que je rentrais du vidéoclub, j'ai vu Marion Le Pache en train de taguer nos affiches, explique Romain Ollivier, en
septième position sur la liste de gauche. C'est un rituel, aujourd'hui, de la part de l'UMP. Nous l'avons surprise. Elle s'est mise alors à nous projeter de la peinture qui sert
normalement à marquer la voirie. Heureusement que j'ai mis le bras sur mon visage, sinon mes yeux auraient tout pris. Je crains que cela ne dérape encore plus ces prochains
jours.... »
Romain Ollivier a immédiatement porté plainte auprès des gendarmes de la commune. Dès 8 h, hier, l'élue était priée de venir s'expliquer devant la maréchaussée. Elle y
a été entendue pendant une bonne heure. Un dossier pour « violence avec arme par destination » a été transmis au parquet. Le procureur attend maintenant d'avoir toutes les pièces de
la procédure en sa possession pour statuer sur les suites à donner à cette affaire.
« Un simple accident de campagne »
Contactée, Marion Le Pache regrette son geste. Elle le qualifie « d'autodéfense. J'ai pris peur en voyant ces deux hommes venir vers moi....
Si je mets de la peinture sur les affiches, c'est pour exprimer ma désapprobation face à l'omniprésence du PS sur les panneaux... Je me suis engagée à rembourser la victime
pour les frais qu'elle devra engager... Mon geste est un simple incident de campagne. Rien de plus ! »
Un avis que ne partage pas le chef de file socialiste, Yohan Nédélec, 30 ans. « Je fais aussi, aujourd'hui, l'objet de rumeurs les plus
folles. On dit de moi que j'aurais détourné beaucoup d'argent... On a également crevé un pneu de ma voiture. Certes, cela arrive, c'est peut-être accidentel mais d'autres ont subi le
mêmedésagrément, il y a peu, du côté des centristes. On se pose alors pas mal de questions. »
Marcel Dantec, maire de la commune, figurant juste derrière Marion Le Pache sur la liste de droite, avoue « ne pas comprendre ce jet de
peinture. » Il appelle ses colistiers « au calme », conscient que ce tag fait un peu tache dans la
campagne.
Yves-Marie ROBIN. (OUEST FRANCE)
Élections. Ça chauffe au Relecq-Kerhuon
Les tageurs d’affiches politiques ne sont pas toujours ceux que l’on croit. Une candidate aux municipales et aux élections cantonales du Relecq-Kerhuon a été
prise sur le fait, mardi soir.
L’onde de choc a traversé hier, la jolie commune nichée aux portes de Brest, le long de l’Elorn. Entendue par les gendarmes, l’adjointe au maire en charge des
affaires culturelles a reconnu être l’auteur d’un tag à la peinture rose sur la tête de liste de l’opposition municipale. Elle s’est engagée à indemniser dans les meilleurs délais les deux
hommes qui l’ont mise en fuite. Prise de panique, elle a retourné l’aérosol dans leur direction, l’un d’entre eux étant précisément le colleur d’affiches attitré de la gauche locale,
positionné à la septième place sur la liste. « Nous nous sommes protégés le visage et l’avons poursuivie jusqu’à la voiture qui l’attendait, phares et moteur allumés ».
« Incident » contre délit
Bonjour l’ambiance au Relecq, à 17 jours du scrutin ! Et c’est sans parler des pneus crevés et des vitres cassées ces derniers jours dans le bourg.
.. Évidemment, l’équipe municipale en place s’efforce de calmer le jeu, en évoquant un regrettable incident de campagne. Un « incident » qui fait l’objet d’une
plainte, d’une enquête de gendarmerie et qui finira sur le bureau du procureur qui se réserve la possibilité de poursuivre. « Il s’agit d’une violence avec arme par destination (délit), en
plus d’une dégradation de matériel politique ». « Nous savions que depuis 48 heures, quelqu’un s’acharnait sur nos affiches à la peinture rose », raconte Romain Ollivier, 33 ans, le plus gros
colleur d’affiches pour la liste PS-PC du Relecq. Je descendais la rue avec un collègue, mardi soir, tout à fait par hasard, lorsque le comportement d’une joggeuse, affublée d’un bonnet blanc
et d’une chasuble fluo, nous a intrigués. Lorsqu’elle s’est glissée derrière un véhicule stationné, nous avons pensé qu’elle s’apprêtait à le dégrader. Mon collègue s’est approché en filmant
la scène.
Sous le bonnet : l’adjointe à la culture !
« Elle a utilisé son aérosol contre lui et dans ma direction avant de partir en courant et de s’engouffrer dans la voiture qui l’attendait. C’est là qu’elle a enlevé
son bonnet. C’était l’adjointe au maire ! ». Marion Le Pache, 46 ans, inscrite en deuxième position sur la liste de droite sortante, également candidate divers droite aux élections pour le
canton de Guipavas, se dit excédée par la campagne que mène la gauche sur les panneaux d’affichage libre qui, selon elle, ne doivent pas servir à cela. « J’ai été surprise, ajoute-elle en
substance, j’ai pris peur, j’ai eu un geste d’autodéfense ».
Le maire en appelle au calme
Le maire, Marcel Dantec, en troisième position sur cette liste, en remet une couche en dénonçant l’affichage excessif de la gauche mais appelle dans le même temps son
groupe et les autres listes à revenir au calme. Même s’il estime que les tensions ne sont pas pires qu’en 1983 ! C’est dire... 1995 avait été pas mal non plus, avec seulement 12 voix d’écart
entre une droite et une gauche qui, décidément, ont toutes les peines du monde à se voir en peinture.
Stéphane Jézéquel (Le Télégramme)
Bravo romain d'avoir été là où il fallait, quand il le fallait. (comme d'habitude!). Les résultats viennent de tomber ,félicitation au nouveau maire.
pierre un fan.....