UNSA-Cél : Un syndicat pour les collaborateurs d'élus locaux

Publié le par Olivier

Cél UNSAOn ne fait pas beaucoup parler de nous - l'habitude du travail de l'ombre, sans doute. Pourtant, la profession de collaborateur d'élus locaux est probablement celle qui a le pire statut de tout le secteur public. Possibilité de licenciement sans préavis, CDD à répétition, faibles possibilités de reconversion, discrimination contre les jeunes femmes, précarité liée à l'aléa politique...
Tout cela est lié au préjugé du législateur sur le travail de conseiller politique : il n'est pas normal d'en vivre. En découle vide juridique, manque de protection, dérogations à répétition au code du travail, multiplication des statuts exotiques...
Depuis 2006, un syndicat a été créé pour se battre sur la question du cadre juridique et des conditions de travail.

L'UNSA - Collaborateurs des Elus Locaux, affilié à l'UNSA, comme son nom l'indique, a pour vocation à revendiquer et proposer des pistes d'amélioration pour notre secteur il est vrai très spécifique du marché du travail.
Car il y a certes des caractéristiques intangibles. Bien sûr, nous sommes soumis aux résultats des élections, et dépendons des décisions des électeurs. Bien sûr, nous ne pouvons travailler qu'en confiance avec notre employeur, l'élu local, et c'est à lui de choisir avec qui il veut travailler. Il y a donc, à tout moment, un risque de perdre son poste. Et c'est justement l'existence de ce risque qui nécessite une protection.
Que devient-on si on est débarqué du jour au lendemain ? On sait bien qu'avoir une ligne "salarié auprès de tel parti" sur un C.V. n'est pas le meilleur moyen de s'ouvrir des portes, notamment dans le privé. Alors quelles possibilités de reclassement ? Quelle formation complémentaire ? Quelle validation des acquis par l'expérience, quelles portes de sorties offertes par la collectivité qui employait ? Quelle indemnité de licenciement ? Pour l'instant, il n'existe rien.

Autre problème, et non des moindre, la multiplication des statuts qui fait du secteur des collaborateurs d'élus une jungle ou il est bien difficile de se retrouvé. Entre les salariés de cabinet et ceux de groupe, entre les chargés de mission, les fonctionnaires en détachement, les personnes titularisées sur leur poste, celles embauchées par un centre de gestion... Autant de situations très diverses qui créent autant d'injustices entre les salariés; autant de barrières et de contraintes pour une réorientation, un changement géographique ou d'institution...

Revendications individuelles ? Bien au contraire, se rassembler en syndicat doit être l'occasion pour nous tous, en tant que salariés, et quelle que soit notre situation personnelle (et je suis loin d'être à plaindre à Brest), de nous inscrire dans une démarche collective. Une démarche pour conquérir de nouveaux droits, pour avoir plus de lisibilité dans nos parcours, plus d'équité entre nous et de sécurité professionnelle. Une démarche qui nous concerne tous, mais qui ne pourrai réussir que si nous nous unissons, pour proposer, et pour nous battre.

Publié dans Politique

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