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Mais où est la cause, où est l’effet ? Le fait est qu’existent plusieurs lectures des événements passés, incompatibles entre elles, dès qu’on entre dans
le débat technique des historiens de l’économie. Pourquoi ? Parce que l’histoire n’est jamais une simple donnée et qu’elle est toujours reconstruite a posteriori en fonction des théories que
les historiens empruntent aux économistes qui les leur proposent. Un libre-échangiste « pur », « ultra-libéral » si l’on veut parler comme les journalistes, soulignera
qu’avant même le pire moment de la crise de 1929, Hoover avait déjà fait entreprendre de grands travaux qui aggravèrent la situation… tandis que le théoricien adverse dit que le salut vint
du New Deal de Roosevelt, le premier président des États-Unis élu alors qu’il était invalide ; ce à quoi le premier répond que seule la guerre (où les USA n’entrèrent qu’en décembre 1941)
tira le pays du marasme. Gageons que, si l’histoire se répète, une substitution de noms s’impose…
Un débat qui mérite des tonnes (et des tomes) d’explications n’a pas sa place ici, mais les points indiscutés aussi sont nombreux : la crise a touché des millions de personnes en Amérique,
comme aujourd’hui, et de là dans le monde entier, y compris en France (surtout à partir de 1931), comme aujourd’hui. La litanie des expulsions de ménages surendettés, l’augmentation des pratiques
bancaires de restriction du crédit– quel que soit le montant des aides de l’État d’ailleurs, financées par une dette que les resucées de la doctrine keynésienne auront bien du mal à justifier si
la croissance n’est pas obtenue en fin de compte.
Alors, c’est du système bancaire que les ménages sont « exclus » en nombre de plus en plus grand… Et cette « exclusion bancaire » signale à rebours que l’inclusion sociale
même passe par ces institutions (même les prestations sociales perçues par les ménages, allocations familiales, etc. sont versées sur des comptes) ; les banques ont donc joué non seulement
avec leur avenir, mais avec celui des entreprises et des ménages, d’investisseurs et de particuliers.
Le point commun véritable des crises, passées et présentes, le voici : si les crises ont toujours existé, elles se sont changées en phénomène aux conséquences vitales autant sociales que
personnelles. En d’autres termes, et en écho à Keynes disant qu’à « long terme, nous serons tous morts », c’est à court terme que l’activité économique l’est, quasi-morte – et qu’il
faut survivre comme on peut. Notons que les personnes endettées le savaient déjà.
Bonne année tout de même !
Voilà plus d'un mois que je n'ai pas "posté". Un mois de vacances, où j'ai pu déconnecter de la réalité sociale et économique, non sans manquer
de me tenir informé, mais sans réaction publique. Des péripéties de notre Président à celles du gouvernement qui pense qu'en une "réunion de crise" il pourra faire repartir le PIB français,
j'ai tout de même pu suivre les Jeux Olympiques, malgré ma volonté de boycotter à ma façon cette période. Mais, l'amour du sport a prévalu...
D'aileurs, parlons en de ces JO. Comme toujours dans les affaires humaines, il y a un aspect positif et un autre négatif. Les JO ne dérogent pas à la règle, et il n’est pas besoin d’invoquer des
problèmes politiques pour en tirer un bilan en demi-teinte.
La première constatation à la fin des Jeux est la formidable organisation des Chinois pour les JO de Pékin. Il y a bien eu des petits couacs de-ci, de-là, comme la durée de 1 h 40 pour le
contrôle anti-dopage d’Alain Bernard et Laure Manaudou, mais de façon générale, tous les participants le confirment, l’organisation était parfaite : les volontaires au courant et capables de
renseigner y compris dans des langues étrangères, une bonne signalétique, une bonne circulation et des transports en communs efficaces, des programmes clairs avec des horaires respectés, et puis,
une cérémonie d’ouverture et de clôture d’un saut qualitatif équivalent au choc que nous avait fait Decouflé pour les JO d’Alberville.
Il n’y a qu’un seul couac dans ma perception personnelle de ces JO, c’est la façon dont les politiques français - je veux dire les non sportifs - s’autocongratulent pour des résultats superbes
avec 40 médailles. Coluche avait raison, le coq est le seul oiseau capable de chanter les pieds dans la merde.
Certaines fédérations travaillent pour le bien du sport, mais d’autres passent leur temps à se battre entre eux. Et il est incroyable de voir que les athlètes français ont aussi peu de résultats
en athlétisme, sauf à supposer que l’air en France contient des agents contraires aux performances, ce que semblent démentir les résultats dans certaines autres disciplines.
Depuis de très nombreuses années, le classement des pays dans les résultats des JO sont d’abord en nombre de médailles d’or puis en cas d’égalité d’argent. Si on regarde les résultats depuis les
J0 de 1996, on a des résultats français pas vraiment en progression :1996 Atlanta 5e 15 médailles d’or, 2000 Sydney 6e 13 médailles d’or, 2004 Athènes 7e 11 médailles d’or, 2008 Pékin 10e 7
médailles d’or.
Evidemment, Bernard Laporte, ancien sportif, ancien responsable (talentueux) du rugby, désormais secrétaire d’Etat (pas si bon que ça), en direct sur TF1 s’est empressé de dire qu’il n’y avait
pas de décompte officiel et que chacun comptait comme il voulait et que lui, Bernard Laporte, comptait en nombre de médailles.
Si on regarde en nombre de médailles, le classement devient : 1996 Atlanta 6e 37 médailles au total, 2000 Sydney 6e 38 médailles au total, 2004 Athènes 7e 33 médailles au total, 2008 Pékin 7e 40
médailles au total.
On voit bien mieux la progression, M. Laporte, n’est-ce pas ? Ah oui, les 40 médailles... Eh bien sachant qu’en 1996, on a eu 37 médailles sur 842, cela fait 4,3 % et en 2008 on en a eu 40 sur
958 distribuées, cela fait 4,18 % ce qui ne constitue pas une progression tout au moins mathématiquement. Je préférais très nettement le Laporte plus sportif que politique : il n’avait pas la
langue de bois, et il était plus crédible.
En tout cas, ce que je constate, c’est que à part quelques sports qui voient enfin leurs efforts couronnés de succès et quelques remarquables performances individuelles, la plupart des médailles
ont été réalisées par ceux qu’on n’attendait pas.
Et donc, celles que nous prévoyaient les différentes fédérations sportives ne sont pas vraiment celles qu’ils nous prévoyaient. On se demande alors la qualité des dites fédérations : une erreur,
c’est possible, mais se tromper sur la majorité des médaillés, cela fait quand même beaucoup.
Se tromper sur le dopage aussi. Il n’y a jamais eu autant de contrôles pour aussi peu de résultats positifs. A priori, tant mieux. En 1996, 2 contrôles positifs, en 2000, 10 contrôles positifs,
en 2004, 27 contrôles positifs et en 2008, que 5 contrôles positifs, enfin humains, parce qu’il y a eu quand même 5 chevaux. Et le tout avec 4 620 contrôles effectués.
Evidemment, les mauvaises langues et les tricheurs (car ce sont bien entendu les tricheurs qui pensent d’abord à la triche, non ?) vont dire que les sportifs ont trouvé de nouvelles méthodes.
Eh bien il semblerait en fait que la plupart des pays ont commencé par contrôler chez eux avant d’envoyer des athlètes, parce que se faire prendre pour dopage aux JO, cela se sait partout et ce
n’est pas bon pour l’image du pays. Donc les fédés nationales ont fait le ménage avant de venir.
Pour la France, tous les athlètes sélectionnés ont été suivis et contrôlés avant de pouvoir aller à Pékin. Et on a connaissance de 39 athlètes russes, bulgares et grecs qui ont été écartés par
leurs fédérations de la sélection olympique pour raison de contrôle positif.
Il semblerait donc que les choses vont de mieux en mieux dans le sport de haut niveau aujourd’hui, et qu’en fait le travail soit désormais plus à faire dans le sport amateur où pas grand-chose
n’est encore en place, probablement pour des questions de coût. Bientôt, quand on va prendre une licence, il faudra payer en plus le prix d’un contrôle.
Par contre, l’arbitrage, cela ne va pas très bien. On peut même dire que ça ne va plus du tout.
Pourtant, le CIO fait des efforts depuis longtemps, et désormais, on n’a plus autant ces situations scandaleuses comme au patinage artistique ou le vainqueur olympique devait autant aux
magouilles entre pays voire aux achats de juges qu’à leurs propres performances sportives.
Désormais, les notes sont très codifiées selon des critères très précis, à moins que la performance ne soit tout simplement mesurable.
Il reste des cas où le rôle de l’arbitre reste simplement primordial. En escrime, par exemple, la vitesse des événements est tellement grande que la vidéo au ralenti devient un outil très utile
au service des juges. D’ailleurs les très grands sports n’hésitent plus à utiliser la vidéo et, en cas de doute, la vidéo a permis d’inverser des décisions. Comme au rugby, par exemple, car cela
permet d’éviter les erreurs de jugement graves, voire les trucages. Parmi les grands sports, il n’y a que le foot qui refuse obstinément la vidéo pour des tas de raisons fallacieuses.
Curieusement, c’est au foot que l’ancien président de la Fifa a balancé les trucages de résultats qu’il y a eu au niveau des arbitres.
Revenons à l’arbitrage. Nous connaissons les exemples français, avec des combats de boxe au jugement pas très net, des matchs de handball aux arbitres incompétents, du taekwondo aux décisions
douteuses. Mais d’autres pays en ont autant à dire, les deux exemples les plus frappants (si j’ose dire) est le compétiteur qui a balancé un coup de pied très bien fait d’ailleurs à l’arbitre
(quoique tant qu’à être radié à vie, il aurait pu taper un peu plus fort) et celui qui a jeté sa médaille de bronze par terre.
Le mec du taekwondo a donc été radié à vie pour "agissement grave contraire à l’esprit olympique". Et les arbitres eux, peuvent donc faire n’importe quoi sans jamais être contraire à l’esprit
olympique, même quand ils inversent les résultats.
En tout cas, la crédibilité du sport va bien devoir passer par une remise en question des juges : parce qu’à force de dire que les erreurs d’arbitres font partie du sport, alors que les sportifs
sont tellement proches les uns des autres que ces erreurs de juge et d’arbitrage finissent pas avoir un résultat prépondérant dans le résultat final, on peut se demander si l’effet ne va pas être
pire que celui du dopage en termes d’injustice. Et les soupçons d’arbitres achetés risquent de revenir au grand galop après les manœuvres éhontées du patinage artistique.
En tout cas, tout l’indique : une grossière erreur, c’est un hasard, deux c’est une coïncidence, trois s’est un symptôme. Et là on dépasse les trois, et donc la maladie est déjà installée.
La période olympique des JO de Pékin sont une étape dans l’histoire des jeux Olympiques, avec l’événement probablement le plus grandiose depuis ce qu’on appelle les Jeux modernes.
Mais il s’agit aussi probablement d’une étape-clé dans la façon dont on conçoit le sport. On avait abandonné la notion d’amateurisme et probablement aussi effacé la phrase de Courbertin connue de
tous : l’important, c’est de participer.
Désormais, le business va prendre le pas, et je crains que, sur les prochaines, on ne voie arriver de nouvelles dérogations business, car désormais, les JO, ce n’est plus le meilleur qui gagne,
mais celui qui fait le plus vendre l’événement à la TV. D’ailleurs, c’est un des critères importants de sélection de nouveaux sports aux JO
Et pourtant dans le même temps, en termes d’armée, les parlementaires et élus locaux attendent dans l’angoisse la nouvelle carte militaire promise par le
président et son ministre.
Le 501e-503e RCC, véritable institution, est constitué de 1 300 hommes, de 80 chars Leclerc et de 500 blindés qui mènent de nombreuses missions à l’étranger
(ex-Yougoslavie, Kosovo, Koweït, Sénégal, Tchad et Afghanistan notamment). D’autant plus que le secteur est frappé de plein fouet par la réforme, avec la suppression du 402e régiment d’artillerie
(créé en 1923), à Châlons-en-Champagne, et de la base aérienne 112, à l’est de Reims. La zone qui s’étire sur une cinquantaine de kilomètres perdrait alors entre 4 000 et 5 000 postes
militaires.
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